PHOTOGRAPHIE

à propos de cette rubrique + −

Entre portrait et déambulation, ma photographie explore les relations entre les corps et les espaces qu’ils habitent. Les séries se construisent par rapprochements de gestes, de regards et de situations, à la croisée de l’espace public et de l’intime.

Mon travail photographique est représenté par l’agence Satellite My Love.

DIAMANT RUEDIAMANT RUE +

2026

PRIDEPRIDE +

2026

STYLE, VUE, RENCONTRESTYLE, VUE, RENCONTRE +

2026

DARLING NIKKIDARLING NIKKI +
Maquette du livre DARLING NIKKI, couverture photographique

Parution · Série limitée

DARLING NIKKI

Journal photographique
Japon · 2026

Nikki, 日記 — diary.

Sélection d’images — le livre comprend 150 photographies.

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J’ai vécu au Japon de 2004 à 2011 et j’y suis retourné régulièrement depuis. Des lieux disparaissent, des quartiers se transforment, de nouveaux usages apparaissent. Je reconnais Tokyo autant que je la redécouvre.

Darling Nikki est né de ce mouvement. Le titre renvoie à nikki — 日記, le journal en japonais. Il contient une double adresse : à quelqu’un et au journal lui-même. C’est un journal photographique, mais aussi une manière de revenir vers une ville, une époque, des personnes, une part de ma propre histoire.

Lorsque je vivais au Japon, je photographiais finalement assez peu ce qui m’entourait. J’étais trop occupé à le vivre. Mes images étaient surtout celles de ma compagne, de mes amis, de mes proches. Revenir aujourd’hui avec un appareil change ma position. Je connais suffisamment cet environnement pour ne pas chercher à l’expliquer, mais le temps m’en a assez éloigné pour que je puisse à nouveau le regarder.

La photographie japonaise m’a appris qu’il n’existe pas un Japon, mais une multitude de mondes et de regards. Cette série ne cherche donc pas à en dresser le portrait. J’ai plutôt cherché à Tokyo la continuité du regard que je porte sur Paris : qu’est-ce qui demeure lorsque le lieu change ?

Je retrouve les mêmes attirances : l’individualité, les liens, les passions et les styles ; la musique, la mode, les familles, les corps, le graphisme et l’architecture anodine. Je porte aussi mon regard sur les gens modestes, les personnalités libres et ceux qui vivent un peu en marge. Je photographie autant la solitude que la foule, autant ce qui distingue les êtres que ce qui les relie.

Darling Nikki est ainsi une cartographie affective. Un journal fait de traces, de retrouvailles et de rencontres, dans lequel un territoire très familier redevient, par intermittence, étranger — et où je cherche à reconnaître la permanence de mon propre regard.

Read the text

I lived in Japan from 2004 to 2011 and have returned regularly since. Places disappear, neighbourhoods change, new ways of living emerge. I recognise Tokyo as much as I rediscover it.

Darling Nikki grew out of this movement. The title refers to nikki — 日記, the Japanese word for diary. It carries a double address: to someone, and to the diary itself. It is a photographic journal, but also a way of returning to a city, a time, people, a part of my own history.

When I lived in Japan, I actually photographed relatively little of what surrounded me. I was too busy living it. My images were mostly of my partner, my friends and those close to me. Returning today with a camera changes my position. I know this environment well enough not to try to explain it, yet time has distanced me from it enough to let me look at it anew.

Japanese photography taught me that there is no single Japan, but a multitude of worlds and ways of seeing. This series therefore does not seek to portray the country. Instead, in Tokyo I have looked for the continuity of the gaze I bring to Paris: what remains when the place changes?

I find myself drawn to the same things: individuality, connections, passions and styles; music, fashion, families, bodies, graphic forms and everyday architecture. I also turn my attention to people of modest means, independent spirits and those who live a little on the margins. I photograph solitude as much as crowds, what distinguishes people as much as what connects them.

Darling Nikki is thus an emotional cartography. A diary of traces, reunions and encounters, in which a deeply familiar territory becomes, intermittently, foreign again — and through which I seek to recognise the continuity of my own gaze.

テキストを読む

私は2004年から2011年まで日本で暮らし、その後も定期的に訪れている。場所が消え、街並みが変わり、新しい営みが生まれる。東京を再認識すると同時に、再発見している。

Darling Nikki は、この往復から生まれた。タイトルは、日本語の「日記」に由来する。そこには、誰かへの呼びかけと、日記そのものへの呼びかけという、二つの宛先がある。これは写真日記であると同時に、ある街、ある時代、人々、そして自分自身の歴史の一部へと戻るための方法でもある。

日本で暮らしていた頃、身の回りのものを撮ることは、実のところそれほど多くなかった。生きることに夢中だったからだ。撮っていたのは主に、パートナーや友人、親しい人たちだった。いまカメラを持って戻ることで、私の立ち位置は変わる。この環境を説明しようとは思わないほどよく知っている。それでも、過ぎた時間が十分な距離をつくり、もう一度見つめることを可能にしてくれる。

日本の写真は、日本が一つではなく、無数の世界とまなざしから成ることを教えてくれた。だから、このシリーズは日本の姿を描き出そうとするものではない。むしろ東京で、パリに向ける自分のまなざしの連続性を探した。場所が変わっても、何が残るのだろうか。

惹かれるものは変わらない。個性、つながり、情熱、スタイル。音楽、ファッション、家族、身体、グラフィック、何気ない建築。私はまた、つつましく暮らす人々、自由な精神を持つ人々、社会の周縁で生きる人々にもまなざしを向ける。群衆と同じように孤独を、人を隔てるものと同じように結びつけるものを撮る。

Darling Nikki は、こうした感情の地図である。痕跡、再会、出会いから成る日記。とても親しんだ土地が、ときおり再び異郷となる。その土地を通して、私は自分自身のまなざしに変わらずあり続けるものを確かめようとしている。

SHIAWASESHIAWASE +

2026

Je suis revenu au Japon après quelques années. Le temps avait passé. Le Japon avait changé, moi aussi. Et pourtant, en retrouvant ses rues, ses visages, ses fêtes, j’ai ressenti une familiarité étrange. Comme si quelque chose était resté là, intact, sous les transformations du temps. Le mot « shiawase » me revient souvent. On le traduit par bonheur, mais le mot me semble plus vaste. Il parle aussi d’une forme de chance, d’harmonie, de ce qui nous relie aux autres et au monde. À Tokyo, dans le mouvement incessant de la ville, j’ai retrouvé cette idée. Une force silencieuse. Elle est dans les générations qui se succèdent, dans les gestes transmis, dans les fêtes qui reviennent, dans la beauté fragile des choses ordinaires. Une force qui n’exclut pas la poésie. Au contraire. Peut-être est-ce là ce qui me touche le plus dans le Japon : cette manière de faire coexister la force et la délicatesse, la démesure et l’intime, le tumulte et le silence. Mes photographies sont nées de ce regard. Chercher, dans le mouvement du monde, ces instants où quelque chose se pose. Un sourire. Une lumière. Un geste. Une présence.

ART ÉTRANGEART ÉTRANGE +

2026

UN JOURNALUN JOURNAL +

2026

ENTRE DEUX ÎLESENTRE DEUX ÎLES +

2025

INFO

Michael Renassia développe une pratique où la photographie, l’image et l’édition s’articulent comme un même champ de travail. Depuis plus de vingt ans, sa démarche circule entre art numérique et photographie, entre construction et capture, comme deux régimes complémentaires d’un même rapport au réel. À travers eux, une question persistante : comment la mémoire se fabrique-t-elle, et que reste-t-il lorsqu’elle s’efface ? Le point d’origine de ce travail tient à une découverte fondatrice : une valise de diapositives familiales réalisées par son père. Cette archive intime agit comme un déclencheur. Elle installe la photographie non pas comme un outil de représentation, mais comme un espace de friction entre souvenir, disparition et reconstruction. Dès lors, Michael Renassia engage une pratique où l’image n’est jamais fixe : elle circule entre traces, fragments, surgissements. Sa pratique repose sur une mobilité constante des outils et des situations. Leica, appareils compacts, Minox, dispositifs Lomo ou doubles expositions coexistent sans hiérarchie. Cette diversité technique ne relève pas du style mais d’une méthode : rester disponible au réel, à ses accidents, à ses zones périphériques, à ce qui échappe au contrôle. Le travail se déploie dans une attention au vivant : les corps, les métiers, les rituels sociaux, les scènes ordinaires et les espaces de passage. Il s’y positionne dans une proximité directe, parfois frontale, toujours relationnelle. La prise de vue est indissociable d’un accord implicite, d’un lien de confiance, d’une négociation silencieuse entre présence et retrait. L’image peut être offerte, partagée, parfois saisie dans l’instant, mais elle reste toujours liée à une éthique du contact. Peu à peu, l’ensemble se structure comme un matériau éditorial. Ce qui pourrait sembler erratique se recompose en constellations d’images, en tensions visuelles, en séquences ouvertes. L’édition devient une seconde écriture : elle organise sans lisser, elle articule sans réduire. Entre documentaire et fiction discrète, entre observation et immersion, se construit une cosmologie fragmentaire du quotidien. Une écriture visuelle où chaque image n’est pas une preuve, mais un point de relation au monde — instable, direct, et profondément situé. ________________________________________ Expositions 2026 Otorii au Zénith Galerie Coloré, Paris Satellite My Love (exposition collective) Paris Différent Collage / Sur Graffiti Interventions dans l'espace public, Paris Collages photographiques, Paris DEUX ÎLES Galerie Satellite My Love, Paris CodependenZ — Jonzu × Personne Publique Photographie et techniques mixtes, Berlin CHANOIR x Michael Renassia -  Elliart Galerie, Paris Éditions 2026 DEUX ÎLES Essai photographique ANIMONDE Série de zines photographiques, édition limitée à 500 exemplaires 2025 Portraits de rue & Métiers Livre photographique relié Série de zines photographiques Édition indépendante Publications 2025–2026 L'Homme Est Masculin Avec Jonzu × Personne Publique Merde Magazine Avec Jonzu × Personne Publique King Kong Magazine Collaboration avec Byron Spencer Antidote Magazine Collaboration avec Byron Spencer Fräulein Magazine Mathis Chevalier × Byron Spencer

EXPOSITIONS

« Sampo » au Zénith 2026 « Sampo », qui signifie « promenade » ou « déambulation », rassemble une série de photographies réalisées au Japon, principalement autour de la station Ōtorii, dans les paysages fluviaux du sud de Tokyo. Baignés d'une lumière éclatante, ces territoires industriels se déploient sous de vastes ponts aux lignes brutalistes. Espaces de transit et de logistique, ils sont composés de masses minérales, de structures rugueuses et d'ombres profondes. L'artiste porte son regard sur les « shitamachi »  (下町, ville basse), ces quartiers populaires où coexistent habitat, ateliers d'artisans, entrepôts et infrastructures industrielles. Des paysages ordinaires, presque anonymes, où l'architecture façonne le quotidien. Au cœur de cette monumentalité persistent des gestes simples : des adolescents jouant au baseball, des cyclistes traversant les berges, une présence humaine discrète qui anime ces lieux avec une douceur inattendue. L'exposition se prolonge à Kyoto, Ueno et Nakano, où jardins, étangs et échoppes aux vapeurs diffuses offrent un contrepoint à ces paysages urbains. À cet ensemble photographique répond une série de monotypes à l'acrylique et à l'encre. Traversées de teintes sakura et de roses poudrés, ces estampes abstraites introduisent une respiration plus organique, comme l'empreinte d'un hanko, le sceau traditionnel japonais, venant ponctuer la mémoire des images.

CONTACT

tokyosalem@gmail.com
Instagram — @michael.renassia

Photographies © Michael Renassia